Les conséquences écologiques de
la consommation de viande
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Production mondiale de viande :
1950: 44 mio. de tonnes
1990: 170 mio. de tonnes
1994: 194 mio. de tonnes
1997: 210 mio. de tonnes
1999: 217 mio. de tonnes
2002: 242 mio. de tonnes
2003: 253 mio. de tonnes
2004: 258 mio. de tonnes
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La production mondiale de viande
augmente
Bien que la consommation de viande
dans les pays industrialisés soit en diminution depuis plusieurs années,
la consommation mondiale est, quant à elle, en augmentation.
En 2003, au niveau mondial, 253 millions de tonnes de viande ont été
produites. Depuis 1970 la production de viande a plus que doublé.1
Chaque année en Suisse on en produit 600000 tonnes.2
Il en résulte des conséquences
écologiques importantes au niveau mondial qui n’ont malheureusement
suscité que trop peu d’attention jusqu’à présent.
Gaspillage
des sols
Pour
produire un kilo de viande, il serait possible dans un même laps de temps
et pour une même surface de sol de cultiver 200 kg de tomates ou 160 kg
de pommes de terre. En Suisse, approximativement 67% des terres
cultivables sont utilisées pour élever du bétail et pour cultiver des céréales
destinées à sa nourriture. Ces chiffres correspondent à la moyenne
mondiale.3
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Surfaces de sol nécessaires pour
la production d’un kilo de:
Bœuf, y compris le fourrage...........................323 m2
Bœuf de pâturage..........269 m2
Poisson.......................... 207 m2
Cochon............................. 55 m2
Poulet d’engraissement..53 m2
Oeufs................................ 44 m2
Riz..................................... 17 m2
Pâtes................................ 17 m2
Pain.................................. 16 m2
Légumes/
Pommes de terre...............6 m2
Source: WWF Suisse
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Aux Etats-Unis 230000 km2 sont nécessaires
à la production de fourrage pour les animaux de rente, alors que
seulement 16000 km2 (=7%) le sont pour produire des aliments végétaux.4
Le gaspillage considérable des sols pour la production de viande porte
aussi préjudice à la forêt tropicale: En Amérique centrale, en 40 ans,
40% de la forêt tropicale totale a été défrichée ou brûlée
principalement pour faire place à des pâturages ou à la culture de
fourrage pour les animaux.5
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Avec la quantité d`eau necessaire pour produire 1kg de
viande on pourrait se doucher quotidienne-ment pendant un an .7
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Consommation en eau
Les guerres du futur ne seront plus
menées pour le pétrole mais pour l`eau. Un ménage moyen n`utilise pour
sa boisson qu’entre 2 et 5 litres d`eau potable par jour et entre 100 et
500 litres à d`autres fins (douche, lessive, etc.). Ces chiffres sont négligeables
comparés aux 2000 à 5000 litres d`eau nécessaires à la préparation
des aliments d`une famille moyenne.
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Les
populations les plus pauvres souffrent tout particulièrement en
raison de l`énorme quantité d’eau nécessaire pour produire de
la viande.
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Dans la lutte contre la faim dans
le monde, il n`est souvent question que des besoins alimentaires, alors
que la quantité d’eau indispensable pour la production de ces aliments
n’est pas prise en compte. Une conférence sur l`eau8
s`est récemment tenue à Stockholm, avec pour objectif exclusif
l`utilisation de l`eau par les humains. Des résultats intéressants y ont
été mis à jour: Si une famille utilise quotidiennement entre 2000 et
5000 litres d’eau par jour pour sa nourriture, cette quantité dépend
largement de son type d`alimentation. En moyenne, par an et par personne,
c`est environ 1200 m3 qui sont consacrés à la production d’aliments.
Dans les régions du monde les plus pauvres qui arrivent à peine à
produire de la viande, cette valeur est estimée par an à 600 m3. A
l`opposé, dans les régions où la consommation de viande est le plus élevée
(Etats-Unis, Europe), ce sont 1800 m3 par an et par personne qui sont nécessaires.
Une comparaison directe souligne encore davantage l`impact de la
consommation de viande. Dans
une alimentation suffisante, composée
de 80% d`aliments végétaux et 20% de produits animaux (dans les pays
industrialisés, la quantité de produits animaux est actuellement entre
30 et 35%)9 la
quantité d`eau utilisée est actuellement de 1300 m3 par an, alors
qu`avec une alimentation végétarienne cette quantité diminue de près
de moitié.10
En raison de la consommation croissante de produits animaux, il y a un
besoin d`eau de plus en plus grand dans l`agriculture au niveau mondial.
En Inde, dans de nombreuses régions, l`eau doit être pompée à une
profondeur de plus de mille mètres. Il y a encore une génération, les
paysans creusaient à la main pour atteindre des sources destinées à
l`irrigation. Aujourd`hui, 95% des petites installations de pompage sont
à sec.11 Il en
va de même dans d`autres pays asiatiques.
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De
plus en plus de céréales et légumi-neuses sont destinées à
nourrir les animaux de boucherie.
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Gaspillage de nourriture
7 à 16 kg de graines de soja sont
nécessaires pour produire 1 kg de viande. Voilà bien la manière la plus
efficace de gaspiller la nourriture! Cette extension artificielle de la
chaîne alimentaire due à la transformation de céréales en viande entraîne
une perte de 90% des protéines, 99% des hydrates de carbone et 100% des
fibres.
En plus, seule une petite part du corps de l’animal abattu est utilisée
pour produire la viande consommée: 35% du poids d’un bovin adulte, 39%
d’un veau (sans les os).12
En Suisse, 57% des cultures sont destinées à la nourriture des animaux
(en 1990). Aux Etats-Unis, cette proportion s’élève à 80% (pour
nourrir 8 milliards d’animaux dits de boucherie). 90% du soja est utilisé
pour nourrir le bétail au niveau mondial.13
A peu près la moitié des céréales produites mondialement est destinée
à nourrir les animaux pour la production de viande. Si les Américains
consommaient 10% de viande en moins, la quantité de céréales économisée
pourrait nourrir 1 milliard de personnes souffrant de la faim. Environ
1700000 tonnes de nourriture concentrée est distribuée au bétail en
Suisse, des céréales pour la plupart. La Suisse peut se permettre un tel
gaspillage, ce qui n’est pas le cas des pays en développement: la FAO
rapporte qu’en 1981, 75% des céréales en provenance des pays en développement
ont été utilisées comme aliments pour les animaux d’élevage. Mais
les cultures indigènes sont également en compétition avec les cultures
mondiales pour le bétail: En Egypte, durant les 25 dernières années,
les cultures de maïs comme fourrage ont remplacé en partie les cultures
de blé et de millet qui constituent de la nourriture de base pour
humains! La part des cultures destinées à la nourriture animale est passée
de 10% à 36%.14
Le même phénomène s’est produit dans les autres pays qui ont augmenté
leur consommation de viande. Dans les années 1950 à Taïwan 170 kg de céréales
par tête d’habitant étaient nécessaires pour nourrir la population.
En 1990, la consommation de viande et d’œufs a été multipliée par
six. En conséquence, le besoin en céréales est passé à 390 kg à
cause de l’extension de la chaîne alimentaire. Taïwan ne peut
satisfaire cette demande croissante qu’en important des céréales,
malgré une hausse des récoltes indigènes. Alors qu’en 1950 Taïwan était
exportateur de céréales, en 1990 il est importateur de 74% pour les
besoins de nourriture du bétail.15
La même situation est constatée dans l’ex-URSS: la consommation de
viande a triplé depuis 1950 et la demande de céréales pour les animaux
a quadruplé. En 1990 le bétail en ex-URSS a consommé trois fois plus de
céréales que les être humains. Les importations de céréales comme
nourriture pour animaux sont passées de zéro en 1970 à 25 millions de
tonnes en 1990. Les pays de l’ex-URSS sont devenus les deuxièmes
importateurs mondiaux de céréales pour animaux.
Le purin: une cause de la mort des
forêts
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De nombreuses plaintes sont émises à
propos de la puanteur émanant des matières fécales provenant des
étables. Et pourtant les conséquences écologiques de ces matières
sont encore bien plus graves.
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Les dernières recherches
scientifiques montrent clairement que les élevages massifs d’animaux
pour la boucherie et la production de lait constituent une des principales
causes de la mort des forêts. Le biologiste Dr. Hans Mohr16
affirme dans «Spektrum der Wissenschaft» de janvier 1994: «Après 10
ans de recherche sur les causes de la mort des forêts, il est apparu
qu’un des facteurs responsables est la quantité excessive de nitrates,
particulièrement d’ammonium17,
dans l’atmosphère. Il est donc prioritaire d’en réduire la quantité
dans les activités agricoles. […] Un problème crucial est le
traitement des quantités croissantes d’excréments animaux et humains.»
|
Les émissions d`ammoniac résultant de l`agriculture sont
dues pour 90% au purin et au fumier .18
|
De nos jours, les excréments
humains sont traités pour la plupart dans des usines d’épuration. Par
contre les déjections d’animaux sont toujours épandues sur les champs.
Compostage
et Industrie du compostage. Toutes les déjections doivent être
compostées.
L’azote (N), disséminé sous forme d’ammoniac (NH3), responsable en
grande partie de la mort des forêts, est causé pour 85% par les excréments
du bétail.19
L’azote, qui est le principal nutriment pour les prairies, les forêts
et la vie aquatique, peut mener à une sur-fertilisation s’il est présent
en excès. Ce phénomène a hélas été constaté trop tard. En effet,
les forêts ont d’abord poussé plus rapidement avec le surplus
d’azote, puis ont commencé à dépérir lorsque le sol est devenu saturé.
En 1992, le comité de recherche du gouvernement allemand chargé d’étudier
la préservation du climat est parvenu aux mêmes conclusions. Sur le
sujet des émissions d’ammoniac, il a publié un rapport: «Les
changements climatiques menacent le développement national»:
«Les émissions de NH3 sont dues pour 90% à l’agriculture et pour 80%
au bétail, et ce tant pour l’Allemagne que pour les pays de l’Europe
de l’ouest et même globalement. 528000 tonnes d’ammoniac sont émises
chaque année en Allemagne, on en trouve dans les élevages, sur les
champs et dans le stock de fertilisants organiques. […] Les
quantités d’ammonium et d’azote rejetées pourraient être réduites
en diminuant le nombre d’animaux de boucherie,
en changeant le mode d’alimentation, et en diminuant l’épandage de
purin. […] C’est non seulement souhaitable d’un point de vue écologique,
mais également d’un point de vue économique.»20
Les poussières fines dues à la détention
des animaux
L’ammoniac contenu dans les excréments
animaux n’a pas seulement des conséquences néfastes sur les pluies
acides. L’ammoniac génère aussi des émanations secondaires dans
l’atmosphère sous forme de poussières fines (PM10) affectant la santé
de l’humanité.
La direction de l’Office fédéral de l’Environnement, des Forêts et
du Paysage (OFEFP) estime le taux de mortalité à 3700 personnes par an
due à la quantité de poussières fines. En outre les coûts de la santé
dus à ce problème s’élèveraient à 4,2 milliards de francs par an.21
Malgré cette lourde charge, il n’est jamais question dans le cadre de
la lutte contre les poussières fines du rôle joué par la détention des
animaux. Comme preuve qu’il est difficile pour les politiques
d’aborder ce problème on peut citer la réaction de Monsieur Moritz
Leuenberger, actuel président de la Fédération suisse, lors de sa conférence
du presse du 2 février 2006 sur le thème des poussières fines. A la
question posée sur le lien entre l’agriculture et les poussières
fines, il s’est contenté de répondre: «Un sujet délicat.»
Pollution des eaux
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Aux Etats-Unis la pollution due aux excréments provenant
des fabriques d`animaux est 130 fois plus élevée que celle provoquée
par les humains. 23
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L’ammoniac n’a pas seulement
des conséquences néfastes sur les forêts et l’air, mais aussi sur
l’eau. La sur-fertilisation cause la prolifération excessive
d’algues, qui à leur tour absorbent l’oxygène de l’eau. Les élevages intensifs d’animaux, qui sont indépendants du sol,
produisent de telles quantités de purin que les eaux souterraines sont sérieusement
menacées.22
Par exemple les lacs de Sempach et de Baldegg en Suisse sont oxygénés
artificiellement par d’énormes pompes. Environ 50% de la
pollution des eaux en Europe est due aux élevages intensifs d’animaux.
Les nitrates issus de l’agriculture ont pénétré si profondément dans
le sol que certaines marques d’eaux minérales ne répondent plus aux
normes de qualité exigées pour l’eau potable.24
Aux Etats-Unis la part de la pollution des eaux due à l’agriculture est
plus importante que celle due à toutes les villes et industries réunies!25Excès
d’acidification des sols
L’ammoniac et l’oxyde d’azote sont en grande partie responsables de
la sur-acidification des sols. Ce phénomène a pris une telle ampleur
qu’aux Pays-Bas, en 1989 déjà, les autorités se sont préoccupées du
problème. Voici les résultats de l’Institut néerlandais pour la santé
et la protection de l’environnement:26
«Les nitrates qui proviennent du purin diffusent de l’ammoniac dans
l’air et empoisonnent l’environnement. Ils causent les pluies acides
et autres dépôts contenant des acides. En Hollande, la plupart des précipitations
émanent des gaz d’ammonium provenant des élevages de bovins: elles
causent plus de dommages au pays que les automobiles et les industries».
|
Depuis 1970, plus de 20 millions
d`hectares de forêts tropicales ont été détruits pour faire
place aux pâturages pour l`élevage de bovins.
Worldwatch Institute
|
|
Les pâturages pour le bétail
occupent déjà un tièrs du térritoire de la planète. 29
Worldwatch Institute
|
Effet de serre
Jusqu’à
présent ce sont principalement le trafic automobile et l’ industrie qui
ont été rendus responsables de l’effet de serre. L’influence d’une
agriculture basée sur les élevages intensifs d’animaux a été négligée.
Ernst U. von Weizsäcker, chef de l’Institut Wuppertal pour le climat,
commente: «L’impact de l’élevage de bovins sur l’effet de serre
est le même que celui du trafic automobile si l’on considère les
effets de la déforestation pour la transformation en pâturages pour les
bovins d’élevage. […] La transformation de savanes en déserts, l’érosion
des montagnes, les besoins gigantesques en eau pour les élevages de
bovins, ainsi que l’énorme quantité d’énergie nécessaire à
l’engraissement des animaux sont les conséquences désastreuses de
notre appétit pour la viande!»27
L’effet de serre est causé entre autres par trois gaz: le méthane, le
dioxyde de carbone et l’oxyde d’azote. Tous les trois proviennent des
méthodes d’élevage de masse du bétail. 12% des émissions de méthane
sont dues au 1,3 milliard de bovins vivant en permanence dans le monde.
L’élevage du bétail
produit 115 millions de tonnes (115000000000 kg) de gaz de méthane
annuellement. L’effet est d’autant plus désastreux que l’on sait
qu’une molécule de méthane contribue 25 fois plus à l’effet de
serre qu’une molécule de dioxyde de carbone.28
|
Les quantités de lait exigées
des vaches laitières impliquent la nécessité de leur donner des médicaments
contre les inflammations des pis. Les résidus de ces médicaments
se répandent ensuite dans l’environnement.
|
Antibiotiques et hormones
Outre les conséquences écologiques
de la production de viande déjà mentionnées ci-dessus, un autre aspect
est encore négligé. Aujourd’hui, par une méthode d’élevage, des
conditions de détention artificielles et un système de nourrissage
inadaptés à leur espèce, les animaux dits de rente sont de plus en plus
malades. Aujourd’hui, dans beaucoup de pays, donner des antibiotiques à
titre préventif chez des animaux sains est interdit. Cette interdiction a
été rendue nécessaire, car administrer des antibiotiques, en plus de
certaines hormones, comme partie d’une pratique fréquente pour
l’engraissement, ont fait l’objet d’un mauvais usage. Mais donner
des antibiotiques aux animaux malades reste autorisé comme précédemment.
La promiscuité actuelle dans les élevages des animaux de rente a mené
à généraliser les traitements aux antibiotiques. Bien qu’en Suisse les traitements à titre préventif
d’antibiotiques aux animaux sains soient interdits depuis 1999, une étude
effectuée en 2004 a mis en évidence que 90% des veaux suisses étaient
traités aux antibiotiques.30
Chez les vaches laitières, administrer des antibiotiques est aussi très
fréquent, en raison de la sollicitation importante des pis des vaches
laitières produisant de grandes quantités de lait et l’extrême
fragilité de leurs mamelles, et par conséquent de fréquentes infections
(Mastites).31
C’est pourquoi, dans les produits animaux destinés à l’alimentation
humaine, il y a eu des retards importants à la limitation des quantités
d’antibiotiques. En avril 2005, une étude a été publiée par le
Ministère allemand pour la protection des consommateurs32,
signalant pour la première fois la présence d’antibiotiques également
dans les plantes alimentaires (céréales). Par les excréments des
animaux traités aux antibiotiques, ces produits médicamenteux se sont
ainsi disséminés dans l’écosystème. Bien que les valeurs mesurées
soient en dessous du seuil de tolérance pour l’alimentation humaine, la
permanence de telles petites quantités d’antibiotiques a entraîné une
résistance à certaines bactéries, avec comme effet que les
antibiotiques incriminés ont peu à peu perdu de leur utilité première.
C’est aussi pourquoi des médicaments toujours plus forts ont été développés,
qui à leur tour, se répandent dans l’environnement et menacent
toujours plus sérieusement l’équilibre de l’écosystème. Tous les médicaments
et hormones (par exemple, aux USA où ils sont largement utilisés afin
d’augmenter le rendement de la production de lait et de viande),
administrés aux animaux, atterrissent tôt ou tard dans la viande, le
lait et les œufs; ensuite, les matières fécales se répandent à leur
tour dans l’environnement et aggravent encore la détérioration écologique.
Les conséquences à long terme de ces pratiques ne sont pas encore évidentes
et demeurent peu visibles.
|
Même
la viande des animaux marins ne présente aucune sécurité pour la
consommation des humains.
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Les poissons comme échappatoire?
Le temps des petits bateaux de pêche
sont depuis longtemps révolus. Aujourd’hui, la pêche se fait au moyen
de filets longs de plusieurs kilomètres. Etant donné la mise en péril
de l’existence des poissons due aux excès de la pêche, on a vu naître
au cours des dernières années des fermes d’élevage. Et avec cela, les
mêmes problèmes écologiques sont apparus tels décrits plus haut avec
d’autres sortes d’animaux. On peut citer l’exemple suivant: Un
saumon d’élevage d’environ 4 kg ingurgite près de 400 gr
d’antibiotiques jusqu’à son abattage. Dans le même temps, il lui est
inoculé des médicaments contre les maladies, résultant de l’exiguïté
des réservoirs et de la promiscuité régnant dans ces fermes. Le danger
de contaminer les autres poissons était inévitable. Comme les
antibiotiques ainsi que les autres médicaments et produits chimiques sont
directement administrés dans l’eau des fermes, ces produits pénètrent
rapidement dans l’écosystème. Les saumons sauvages se reproduisent
normalement plusieurs kilomètres en amont de leur lieu de vie habituel.
La détention de saumons dans les fermes d’élevage est si éloignée de
leur vie naturelle que leur chair a perdu sa couleur rose (comme les
consommateurs étaient habitués de la voir). Pour y remédier, les éleveurs
ont cru bon de leur administrer en supplément des colorants artificiels.
Pire encore, les maladies touchant les poissons d’élevage se sont aussi
transmises à leurs congénères en liberté et ont contribué à menacer
l’existence même des poissons sauvages.
La nourriture pour les poissons d’élevage provient elle-même, à
nouveau, de la mer. Pour obtenir un kilo de poisson d’élevage, deux
kilos de poissons de mer sont nécessaires comme nourriture.33
Des quantités similaires sont aussi utilisées pour ce que l’on nomme
«fruits de mer» comme les crabes, les crevettes etc. A côté de ce
gaspillage, l’existence des poissons de mer est encore plus menacée par
la capture de poissons servant à la préparation de farines qui
atterrissent, dans une proportion de deux tiers, dans les mangeoires des
animaux de boucherie terrestres.34
En Europe, au cours des dernières années, toujours plus de crevettes de
différents types et de crustacés sont consommés. Cette pratique a
conduit nombre d’exploitations à s’installer en bord de mer, où se
trouvaient auparavant d’importantes forêts de mangroves. Les forêts de
mangroves ont une fonction écologique de la plus haute importante: Elles
amortissent les razdemarée et atténuent leur violence. Le tsunami de
2004 en Asie a causé d’énormes ravages, car auparavant les forêts
protectrices de mangroves avaient été détruites pour faire place aux
fermes d’élevage. Un exemple: A l’origine, il y avait aux Philippines
plus de 500000 hectares de forêts de mangroves. Maintenant, il n’y en a
plus que 36000 hectares. Le reste (environ 93%) a été converti en
exploitations de crabes alimentant le commerce mondial.35
En plus des excès de la pêche en mer, les techniques de pêche sont
devenues de plus en plus dures. Afin de pouvoir attraper les derniers
poissons, une nouvelle technique de pêche par charge explosive a été
utilisée, endommageant les récifs de corail tout comme le font les énormes
filets dérivants déployés en mer. Outre les nombreuses autres répercussions
écologiques, la détérioration des récifs de corail empêche ceux-ci
d’atténuer les effets des vagues géantes.36
L’économie
Comment est-il possible que la
consommation de viande augmente encore au niveau mondial, en dépit des
conséquences dramatiques d’une alimentation basée sur les pro-duits
animaux?37
Hormis quelques raisons d’ordre psychologique et social largement dues
aux effets de la publicité (par exemple: la viande donne la force etc.),
il est un aspect qu’il ne faut pas sous-estimer: l’argent. A première
vue, cela paraît être un non sens que dans des conditions normales, un
secteur de l’économie qui provoque la destruction d’aliments et de
ressources ne se soit pas déjà effondré. Les coûts de l’industrie
mondiale de la viande ne sont plus depuis longtemps plus en rapport avec
ses bénéfices.
Des coûts reportés sur les
contribuables
Une des raisons pour lesquelles
l’industrie de la viande se maintient est que si les revenus de ce
commerce sont profitables à certains particuliers, les coûts en sont par
contre reportés sur le public (donc sur les contribuables). Ce phénomène
est bien connu pour d’autres branches de l’économie, par exemple
l’industrie de l’automobile. Il n’y a pas de transparence dans les
coûts dans l’agriculture, qui ne sont pas répercutés sur les prix.
Selon les estimations faites par le réputé Institut Worldwatch de
Washington, le prix de la
viande devrait être doublé ou triplé si on prenait en considération
les coûts incluant l’utilisation de l’énergie fossile, de l’eau de
source, la pollution chimique du sol et l’émission de gaz comme
l’ammoniac et le méthane.38
Ceci sans prendre en compte les dépenses découlant des maladies causées
par la consommation de produits animaux.
Une folie subventionnée
Bien que la plus grande partie des
coûts de production de la viande soit imputée au public (=les
contribuables), il n’y a toujours pas assez d’argent pour rendre la
production de viande rentable économiquement. Alors des interventions
supplémentaires (subventions) sont accordées afin que la production de
viande soit attractive. L’industrie de la viande n’est pas seulement
soutenue au niveau national, mais également international: Depuis 1963
jusqu’à 1985, la Banque Mondiale a injecté 1,5 milliards de dollars
dans l’industrie de la viande en Amérique latine, en grande partie pour
financer les énormes élevages de bovins.39
Notes:
1 Worldwatch Paper 171, Danielle Nierenberg: «Happier Meals –
Rethinking the global meat industry», 2005. www.worldwatch .org
2 GSF (Assoc. suisse des producteurs de bétail et de viande)
3 Worldwatch Paper 171: «Happier Meals»
4 Worldwatch-Magazine, juillet-août 2004. «MEAT, Now It’s not Personal! But like it or not, meat-eating is
becoming a problem for everyone on the planet.».
5 ditto.
6 Earthsave Foundation, www.earthsave.org.
7 «MEAT, , Now It’s not Personal!» Worldwatch-Magazine, 2004.
8 Stockholm International Water Institute (SIWI), 2004. www.siwi.org.
9J. Rockström, Biological Sciences, 29.12.2003.
10 J. Rockström & al., 1999.
www.consecol.org/vol13/iss2/art5.
11
Spiegel online, 26.8.2004. «Le niveau des nappes phréatiques diminue
dangereusement».
12 GSF
13 Earthsave Foundation
14 Worldwatch Paper 103, Alan B. Durning, «Taking Stock: Animal Farming
and the Environment», juillet 1991. ISBN: 1-878071-04-1
15 ditto.
16 Hans Mohr fait partie de l’Académie allemande des chercheurs en
sciences naturelles et de l’Académie des sciences de Heidelberg, dont
le centre de recherche est sous sa direction depuis 1986. Docteur
honoraire des universités de Strasbourg et de Limbourg.
17 L’ammonium (NH4+) se forme dans les airs à partir de l’ammoniac
(NH3).
18 Hans Mohr dans «Spektrum der Wissenschaft», janvier 1994 et BUWAL
2002.
19 Mathias Holzer, Dipl.Ing. Travail d’étude sur la mort des forêts.
Munich 1993.
20 Déclaration conjointe de 27 enquêteurs et scientifiques
gouvernementaux
21 BUWAL: «Particules fines et maladies», 2005. www.buwalshop.ch.
22 Consommation et Environnement, Feuille d’information WWF 1/94.
23 «MEAT …», Worldwatch-Magazine,
2004.
24
Reportage télévisé WDR: «La viande dévore les humains», 17.12.1987.
25 Cross & al. «Le bœuf comme élément de l’alimentation des Américains»,
avril 1990.
26 Worldwatch Paper 103, «Taking
Stock», 1991
27 Jeremy Rifkin, «The Imperium of the Cattle», 1992.
28 Jeremy Rifkin, 2001 et Worldwatch Paper 103, «Taking Stock», 1991
29 Worldwatch Paper 103, «Taking Stock», 1991
30 Vegi-Info 2004/2 (éd. all.).
31 «Antibiotisches Trockenstellen», www.intervet.de/News/Fokusthemen/Antibiotisches_Trockenstellen/Einleitung.asp
32 Document Evana, 25.5.2005. www.evana.org/index.php?id=3357.
33 Rosamund Naylor & al., «Effect of Aquaculture on Global Food
Supplies», Nature, 29.6.00.
34 Worldwatch Paper 171
35 John Robbins, «Food Revolution», 2001
36 Vegi-Info 2005/1 (éd. all.: Tsunami Leid). www.evana.org/index/php?id=1543.
37
Bien qu’au cours des dernières années, dans les pays industrialisés,
une diminution de la production de viande (pour des raisons de santé) a
été constatée, au niveau mondial cette production n’a pas diminué.
La raison en est l’exportation des surplus de viande vers les pays en
voie de développement et les encouragements à en consommer dans ces
pays. Simultanément, les prix de la viande bon marché locale ont été
perturbés.
38 Worldwatch paper 103, «Taking
Stock», 1991
39 ditto.
Original: allemand.
Pour plus d’information sur les notes de bas de page, consulter la
feuille d’information originale (allemand) chez l`Association Suisse
pour le végétarisme.
Vegi-Büro Schweiz, Bahnhofstr. 52,
CH-9315 Neukirch-Egnach,
Tel.: 071 / 477 33 77, Fax: 477 33 78, PC-Konto 90-21299-7.
Plus d`informations :
Lectures
recommandées:
- Rifkin Jeremy «Beyond beef: the rise and
fall of the cattle culture»,campus 1992
- Robbins John «Diet for a new America»
Stillpoint publishing ISBN 0-913299-54-5 (en français «Senourrir
sans faire souffrir», en allemand «Ernährung für ein neues
Jahrtausend»)
- Durning, H. Brough: Animal Farming and the
Environment, Worldwatch paper 1
[en
haut]
[retourner]
URL: http://www.vegetarismus.ch/info/foeko.htm
Solution : Accepter de payer le même
prix pour trois fois moins de viande. Les flux d’argent restent les mêmes.
Aucune personne n’est lésée. Le nombre de têtes de bétail diminue
considérablement.
Tickets de
rationnement.
…: point important.
…:
point essentiel.
--fjhabc:ajout.
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